ALL THEM WITCHES

Le 8 mars prochain, comme chaque année, aura lieu la Journée internationale pour les droits des Femmes. Depuis bien longtemps cette date est retenue de façon toute différente. La journée des Femmes. Et vas-y qu’on reçoit des fleurs de la part de nos patrons, et vas-y qu’on a des promos sur les aspi et les fers à repasser. Et vas-y que les rues sont placardées de publicités toutes plus miso les unes que les autres.

Ca fait maintenant 3 ans que je fais partie du gang de la Soro, Nous Toutes 74. Tout en scandant des slogans et des punchlines pour burner le patriarcaca, je me déconstruis. Chaque jour. Parce qu’il m’a fallu du temps pour comprendre que les corps qui sont affichés sur les pubs représentent une beauté définie par des hommes (souvent bedonnants et éssouflés après avoir pris l’escalator). Parce qu’il m’a fallu du temps pour me rendre compte à quel point je suis entourée de femmes qui ont vécu des horreurs.

Etre une femme, c’est devoir subir les insultes des autres humains parce qu’on a choisi telle ou telle tenue. Etre une femme, c’est risquer d’être agressée par son mec, son coach, un inconnu, un chauffeur Uber, un homme politique, un acteur, un prêtre, un père… Etre une femme, c’est avoir un moins bon salaire qu’un homme, juste parce qu’on est femme. C’est se voir refuser un avortement (la seule opération qu’un médecin peut refuser aujourd’hui. Oui oui. Obligation d’opérer même si on est face au pire monstre sur terre, mais pas d’obligation d’avorter une femme…) Etre une femme, c’est cumuler les tares, pour un peu qu’elle soit noire, musulmane, précaire. C’est être plus coupable que le coupable quand on se fait agresser. C’est devoir tout gérer. Toujours mieux, toujours plus et pourtant c’est jamais assez.

Je rencontre depuis 3 ans des femmes que j’admire, pour leur courage, leur force, leur vulnérabilité. Grâce à ces femmes, je me déconstruis. Chaque jour. Toujours.

La société dans laquelle on vit est une société créée par des hommes et pour les hommes. Et nous on est là, à se taper tout le boulot dans l’ombre. Les caissières, les infirmières, les ambulancières, les sorcières.

Sorcières. Les descendantes de celles qu’ils n’ont pas brûlé.

Reprenons notre place.

RDV le 5 mars pour la traditionnelle Marche pour les Droits des Femmes, histoire de vous casser les cordes vocales

RDV le 8 mars pour être en grève.

Montrons-leur que sans nous ils ne sont rien. Montrons-leur que l’avenir du monde dépend de nous (c’est nous qui engendrons la descendance, souvenez-vous)

Ils n’ont pas réussi à brûler toutes les sorcières ? Montrons-leur comme on maitrise le feu.

SORORAMOUR,

Eva

Laisser un commentaire