Tout est question de relations (justes) …

Nous existons de fait en relation. Même si nous vivions isolés dans des grottes, nous vivrions en relation avec ladite grotte. La grotte nous impacte (par sa température, son taux d’humidité, sa luminosité), tout comme nous impactons la grotte (possibles changements du le biotope). A une échelle plus petite, nous sommes faits de relations : les aliments physiques ou émotionnels qu’on ingère modifient le fonctionnement de notre système digestif qui à son tour se relationne avec le reste du corps pour le réguler. A une échelle que je ne sais trop caractériser par sa petitesse et son énormité, nous sommes tous faits d’atomes ordonnés de différents formes, reliés énergétiquement—et donc s’impactant les uns les autres. 

Malgré ça, en Occident, nous nous sommes enfoncés dans une société capitaliste qui promeut le succès individuel par-dessus l’harmonie collective ; une réalité dictée par l’accumulation de richesses monétaires plutôt que par la création de valeur sociale et environnementale ; une société déconnectée de son entourage vivant au profit confort personnel. Les Q’Eros, peuple de chamanes descendant des Incas et vivant dans les Andes Péruviennes, disent que c’est l’une des raisons pour laquelle « l’Ouest » est malade.

Vous ne voyez pas ce que je veux dire ?

Burn-out, troubles anxiodépressifs, troubles cardiaques, diabètes, cancers, intolérances et allergies qui s’aggravent … Il est rare aujourd’hui de ne pas avoir au moins une personne dans son entourage souffrant l’une de ces maladies—et souvent, il n’y a pas qu’une seule connaissance dans ce cas.

L’une des notions clés de la culture Q’Eros est l’Ayni, qui pourrait se traduire par réciprocité sacrée ou relation juste. Pour les Q’Eros, quand nous sommes dans l’Ayni, alors notre santé physique, émotionnelle et mentale deviendraient une évidence. 

Ayni concerne notre relation avec nous-mêmes, nos relations (familiales, amoureuses, amicales), notre communauté, et notre planète.  Le concept pourrait se traduire grossièrement comme « quand je donne, je reçois ; quand je reçois, je donne en retour ». 

De plus, les relations, ça se construit. Par exemple, je peux beaucoup aimer l’océan, mais depuis que j’habite à Annecy c’est avec les montagnes que j’ai développé une relation. Pour les Q’Eros, les relations les plus importantes à la nature sont celles à la montagne et au cours d’eau de naissance, et a ceux du lieu d’habitation. Ces relations seront d’avantage investies que les autres même si la justesse s’appliquera dans l’intégralité des relations (infinies)—il ne s’agit donc pas de s’épuiser à essayer de cultiver une relation avec tout, mais plutôt à interroger sa posture de « relation juste ».  

Prenons quelques exemples :

La nature nous donne énormément. Quel que soit le degré de transformation de votre assiette, à la base, elle provient de la nature. C’est grâce à elle que nous sommes vivants : elle nous fournit toute la nourriture et l’oxygène dont nous avons besoin. Or, en Occident, nous vivons dans une société déconnectée de la provenance de notre nourriture. Elle est d’avantage vue comme un produit de consommation dans un rayon de supermarché plutôt que comme un cadeau de la nature qui a poussé à l’aide des éléments et du soin qui lui ont été apportés—par la Terre et par l’humain. Les Q’Eros, pour commencer et finir chaque journée, ainsi qu’avant chaque repas, font une petite offrande à la Nature : un remerciement pour cette nourriture qu’elle nous offre, ainsi que pour le cadeau d’être vivant.e.s sur cette Terre. Si vous voulez essayer, prenez trois feuilles de laurier (ou toute autre herbe / support de votre choix), nommez votre gratitude envers la nature à voix haute et soufflez sur ces feuilles. Ce n’est pas le protocole officiel, mais une version simplifiée des quintus. Déposez-les ensuite dans un lieu de la nature avec qui vous avez une relation (ça peut-être le minuscule carré d’herbe ou l’arbre derrière chez vous). Ressentez. 

Parlons de nos relations aux êtres humains qui nous sont chers. Les relations justes ne sont pas forcément faciles car, dans juste, il y a juste pour l’autre, certes, mais aussi juste pour soi. Vous pouvez estimer que la relation juste envers une personne âgée ou en situation de handicap est celle d’aide, mais si elle commence à empiéter sur vos limites, la relation tombe dans le déséquilibre. Bon, après il y a la question de comment connaître ses limites et le rapport de chacun.e à la justesse. Il me semble qu’Anne-Laurie vous écrit ce mois-ci sur les relations sincères et la communication assertive, donc n’hésitez pas à aller la lire pour approfondir le sujet ! 

D’ailleurs cet exemple pourrait aussi s’appliquer à la relation juste envers soi, et notamment envers son corps. Parlons de tout ce que nous pensons que nous devons ou voulons faire—souvent une to-do de la longueur d’un kilomètre rythmée par une société qui dénigre la cyclicité et le repos—versus ce que notre corps est en capacité de faire. Vous voyez où je veux en venir ?

Par rapport à soi, la méditation et les pratiques de danse intuitive (comme le Qoya) sont excellentes pour mieux se rencontrer en toute honnêteté (et avec une extra-dose de compassion). 🙂

Un dernier exemple qu’il me tient à cœur de nommer est la relation juste envers les sagesses ancestrales. Nous vivons de plus en plus dans une société occidentale où « faire » du yoga et du « chamanisme » devient normal. Et d’un côté, c’est chouette ! On renoue à une spiritualité après une bonne ère de coupure. Cependant, ces sagesses ne sont pas des biens de consommation et, souvent, ils sont « consommés » au détriment des peuples mêmes qui les enseignent. L’achat de Palo Santo contribue à la déforestation et à la baisse de la disponibilité de ce bois sacré pour les peuples qui les utilisent, au profit de celleux qui les achètent en exportation. La question ici est comment je peux nouer une relation juste avec les traditions. Par exemple, j’enseigne le Qoya qui prend en partie racine dans les traditions Q’Eros. Pour nouer une relation juste avec eux, j’essaie de me renseigner sur leur culture (auprès d’eux quand possible), les nommer dans mes cours (pour éviter de m’approprier leur savoir), et je leur reverse une partie de mes bénéfices. 

Comment cela résonne pour vous ? 

A bientôt pour de nouvelles aventures !

D’ailleurs, si cet article vous a plu et que vous vous sentez appelé.e à faire une petite donation aux Q’Eros, c’est par ici : https://www.thefourthlevel.org/support-us

Layla
Enseignante, Thérapeute & Formatrice
Qoya I Yoga I Chamanisme I Reiki
Spécialisée dans les Spiritualités Engagées
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